Dans un contexte économique extrêmement préoccupant, il est difficile de comprendre pourquoi le gouvernement a décidé, dans la loi de finances de 2008, de supprimer à partir du 1er janvier 2009 l'allocation équivalent retraite (AER) que la gauche avait créée en 2001.
Les bénéficiaires de l'AER étaient les allocataires de l'assurance chômage en fin de droit, âgés de moins de 60 ans, qui avaient commencé à travailler très jeunes et pouvaient donc justifier de 160 trimestres validés. Ces personnes, qui ne pouvaient pas liquider leur pension de retraite à taux plein et n'avaient plus droit à l'assurance chômage, disposaient avec l'allocation équivalent retraite d'une somme de 982 euros par mois, ce qui leur permettait d'échapper à une insupportable précarité.
Depuis le mois de janvier, ils relèvent de l'Allocation spécifique de solidarité: 448 euros par mois, en tout et pour tout . Autant dire qu'ils passent de la survie à la misère.
Interrogé hier par le groupe socialiste, le secrétaire d'Etat chargé de l'emploi a eu une réponse que je juge indécente. Sa première réaction est un appel à « un peu de hauteur de vue sur un tel sujet ».
Le deuxième argument de Laurent Wauquiez, tout aussi cynique, est que la majorité « entend redonner leur place aux seniors de plus de 55 ans sur le marché de l'emploi ». Alors que le seul mois de janvier a produit 90 000 chômeurs de plus et que le taux d'emploi des salariés de plus de 50 ans dépasse à peine un tiers, est-ce bien réaliste de prétendre, comme le fait le secrétaire d'Etat que la suppression de l'AER vise à « redonner enfin aux seniors une place dans notre politique de l'emploi »?
.








Les commentaires récents